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31 août 2018 5 31 /08 /août /2018 05:35
  

La stratégie de communication du Groupe PSA vis-à-vis des normes de pollution automobile s'est très tôt démarquée de celle de la concurrence. L'avenir nous apportera peut-être l'explication. Le constructeur était-il plus à l'aise que ses rivaux par rapport à la réglementation ? Avait-il déjà mis en place une stratégie industrielle pour éviter de tomber dans le piège ?

Le fait est que le résultat est probant, sur plusieurs plans. Faisons un bond dans le temps. Dès octobre 2015, Carlos Tavares rendait publique une directive adressée à ses ingénieurs, leur demandant de procéder à une vaste revue du respect des normes en vigueur et de proposer, le cas échéant, des améliorations. Comme nous ne sommes pas des perdreaux de l'année, nous savons bien qu'en choisissant de tout déballer, le dirigeant était à peu près sûr des conclusions. Mais cela n'enlève rien à l'avance prise par la société. Alors que des Volkswagen et des Renault peinaient à se justifier, PSA était en mesure d'affirmer qu'aucun logiciel ou dispositif de triche n'avait jamais été installé sur ses véhicules et que les tests aléatoires conduits dès 2014 sur un important contingent d'automobiles étaient tous conformes aux normes en vigueur. Le groupe en profitait pour faire l'apologie de son système de traitement des émissions de moteurs diesel, baptisé SCR et pour introduire son innovation suivante, le GPF pour les moteurs essence. C'était de bonne guerre.

Par la suite, PSA a continué à jouer la transparence en publiant dès mars 2016 ses premiers résultats de consommation en usage réel, puis en octobre de la même année le détail du protocole de test mis en place en collaboration avec deux ONG environnementales et Bureau Veritas. Depuis, les résultats des tests des véhicules particuliers et des utilitaires des différentes marques françaises du constructeur sont publiés en ligne via un configurateur (par exemple, sur le site de Citroën) dont on peut seulement regretter qu'il ne propose pas une synthèse multi-modèle, du type de celle qui avait été publiée en 2016 et que nous reproduisons ci-dessous.
 

Tableau synthétique illustratif publié par PSA en 2016 (Cliquer pour agrandir)

Toute la gamme "WLTP-Friendly"

Ce matin, le constructeur a annoncé que tous les véhicules particuliers Peugeot, Citroën, DS, Opel et Vauxhall sont homologués selon le protocole "WLTP" (Worldwide harmonized Light vehicles Test Procedure, Procédure Mondiale Harmonisée de Test des Véhicules Légers), qui remplace la norme NDEC antérieure. PSA "grâce à des choix technologiques judicieux réalisés par anticipation de la réglementation", se félicite-t-on en interne, est "à l'avant-garde de la mise en œuvre des normes les plus strictes". Une façon de laisser entendre que l'industriel devrait être en mesure de se conformer à la future norme Euro 6.d-Temp, dont l'entrée en vigueur est prévue en septembre 2019. Vous trouverez ci-dessous les différences entre les tests WLTP et NDEC.
 

Différences entre les deux tests (Source : Site internet PSA - Cliquer pour agrandir)

Revenons si vous le voulez bien en bourse. PSA est l'OVNI du secteur au premier semestre. La plupart des autres titres de sociétés de l'industrie ont subi de sévères dégagements après une période boursière faste (cf. graphique ci-dessous).
 

Plusieurs facteurs ont participé à la nette surperformance : une intégration plus rapide que prévu d'Opel / Vauxhall, des résultats en surprenante hausse et un effet de base favorable qui tient à une restructuration plus tardive que les autres constructeurs. Mais nous voulons aussi croire que le marché n'est pas insensible à l'atout que représente une gamme déjà en ordre de bataille à l'heure où les analystes s'interrogent sur l'impact de la norme WLTP sur l'offre de certains groupes. En bonus ci-après, le parcours de PSA sur 3 ans contre l'indice européen STOXX 600 Europe Constructeurs et Equipementiers.
 

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