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10 avril 2018 2 10 /04 /avril /2018 05:18

Recharges électriques : les constructeurs réclament une aide publique

Carlos Tavares, président de PSA et de l'ACEA (Association des constructeurs automobiles européens) estime que les Etats doivent davantage financer les infrastructures de recharge des véhicules électriques. « Ils ont la responsabilité de s'engager sur une densité minimale des réseaux », a-t-il insisté. Les clients ne se convertiront à l'électrique que s'ils sont sûrs d'avoir accès à une infrastructure de recharge. « Or, jusqu'à présent, ce sont les constructeurs qui ont financé la plus grosse partie des bornes installées dans l'Hexagone », estime Marie Castelli, secrétaire générale de l'Avere (Association nationale pour le développement de la mobilité électrique). Renault propose ainsi de prendre à sa charge l'installation des prises aux domiciles individuels des clients de la Zoe « dans 80 % des cas », indique Eric Feunteun, directeur du programme électrique du constructeur. Tesla a de même financé un réseau de superchargeurs de 400 stations en Europe, dont 62 en France (comprenant 500 points de recharge), ainsi que 500 autres bornes moins rapides dites « à destination », dans des hôtels ou lieux de loisirs (accessibles aux seuls propriétaires de Tesla). « Nissan a aussi offert un certain nombre de bornes, à des grandes surfaces par exemple », indique Marie Castelli. Les fonds publics ne sont pas totalement absents. Les collectivités locales françaises ont ainsi bénéficié d'une enveloppe de l'Ademe de 60 millions d'euros, aujourd'hui épuisée. « Le programme Advenir a pris le relais », explique Mme Castelli. Financé par les Certificats d'économies d'énergie (CEE) de quatre entreprises (EDF, Leclerc, Les Mousquetaires et Bolloré), ce programme qui a démarré au début de l'année dispose de 20 millions d'euros pour financer jusqu'à 40 % du coût de l'installation, sous conditions. Enfin, les particuliers peuvent bénéficier du crédit d'impôt transition énergétique, de 30 %, sur l'achat du matériel. Les grands programmes, en cours ou en projet, ont aussi pu bénéficier de fonds européens. Le projet Corri-Door, qui a représenté un investissement de 10 millions d'euros pour ses 200 bornes de recharge rapide, a bénéficié de 5 millions de la Commission européenne, aux côtés des fonds investis par EDF (via sa filiale Sodetrel) et des constructeurs (Renault, Nissan, Volkswagen). Mais c'est bien Total qui financera les 300 bornes rapides qu'il compte déployer en Europe dans les années à venir. En France, les pouvoirs publics (Ademe, DGE, DGEC) ont commandité une étude au cabinet Coda Strategies, afin d'évaluer les besoins à venir et d'étudier d'éventuels financements publics. Verdict dans les mois à venir.

Tests de véhicule autonome

Une semaine après l’annonce par le président Emmanuel Macron de la création d’un cadre législatif pour autoriser les expérimentations de véhicules à conduite hautement automatisée, les échéances et contours se précisent. Selon RMC, le plan du gouvernement pour promouvoir les véhicules autonomes sera intégré à la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises) présentée le 16 mai au conseil des ministres. Avec, à la clé, plusieurs points qui pourraient donner un élan aux recherches françaises en matière de conduite hautement automatisée de niveau 4, voire 5. Le plan du gouvernement aborde notamment la question de la responsabilité. En cas de dommages causés par un véhicule autonome ou d'amendes déclenchées lors d’expérimentations, le texte prévoit une responsabilité non pas du conducteur, mais bien du titulaire de l’autorisation. Soit le constructeur, l’équipementier, la société de transport de personnes ou de marchandises. Cette question de la responsabilité a été tranchée alors que le gouvernement prévoit d’étendre plus largement les tests de véhicules autonomes. Si, à l'heure actuelle, ces expérimentations ont uniquement lieu sur routes fermées, sauf cas exceptionnels, le texte prévoit notamment la circulation de véhicules autonomes sur routes ouvertes. Ce qui est déjà autorisé depuis de nombreux mois dans d’autres pays tels que les Etats-Unis et la Chine. Autre nouveauté majeure, l’autorisation de tests de véhicules autonomes sans conducteur mais « subordonnés à une autorisation destinée à assurer la sécurité de tous les usagers pendant l’expérimentation », ce qui signifie « avec tout de même une supervision à distance de ces essais ». Le secteur du transport de marchandises est également concerné par ces dispositions puisque le texte prévoit « la circulation d’engins roulants à délégation partielle ou totale de conduite affectés au transport de colis, et ce, sur des parcours pouvant comporter des parties de trottoirs et des parties de chaussées ». Une bonne nouvelle pour plusieurs sociétés déjà engagées sur le chemin de la livraison sans conducteur, à l’instar de DHL, qui, avec l’appui de Nvidia, va faire entrer en phase de test des véhicules à conduite autonome de niveau 5. 

Une étude de Bosch indique que l'aide au stationnement équipe près de 7 véhicules neufs sur 10 vendus en France en 2016

Les Français aiment être aidés lors des manœuvres de stationnement, indique une étude publiée par Bosch le 5 avril 2018, à l'occasion de la conférence Urbagora organisée par l'ONG Megacities Institute. Il apparaît qu'en 2016, 67 % des véhicules neufs, en France, ont été livrés avec un système d'aide au stationnement. En grande majorité, il s'agit des radars de détection d'objet. Ce qui place la France au sommet du classement européen du taux d'équipement en aide au stationnement. A titre de comparaison, les automobilistes allemands l'ont retenu dans 62 % des commandes en 2016. Cela tient notamment au taux de disponibilité des aides, dans les modèles de série. 5 La France affichait en effet les radars ou les systèmes autonomes de série dans 63 % des cas. Outre-Rhin, les constructeurs ne les prévoyaient que dans 42 % des versions. D'après l'étude de Bosch, les consommateurs français ont ensuite commandé le freinage d'urgence dans 27 % des véhicules neufs livrés en 2016. Ce qui met le pays à une longue distance de la Belgique et des Pays-Bas, où les véhicules en ont été dotés à 39 % en 2016, record européen. L'Allemagne se montre tout aussi favorable à cette technologie puisque le taux de monte à 38 %. Bien que Citröen ait été le premier à commercialiser l'alerte au franchissement involontaire de ligne (Afil), cette aide à la conduite ne perce pas en France. Seul 1 véhicule neuf sur 4 (24 %) en était équipé en 2016, selon les données de Bosch. C'est bien plus qu'en Italie, où les clients automobiles étaient 18 % à commander cette fonctionnalité. L'Afil ne figure pas non plus sur le podium des ADAS en Allemagne. Nos voisins ont privilégié l'avertisseur de fatigue : il équipait 37 % des véhicules particuliers neufs livrés en 2016. Selon Bosch, le marché européen des aides à la conduite connaît une croissance moyenne de 20 %, par an. L'équipementier espère profiter de cet engouement des automobilistes pour les ADAS, jusqu'à générer 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires.

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