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13 novembre 2017 1 13 /11 /novembre /2017 07:03

Rachetée par le français PSA, l’ancienne filiale européenne de General Motors va rationaliser sa gamme et faire des économies pour tenter de redevenir rentable.

PSA a choisi de laisser cette filiale dans des mains allemandes pour conduire le plan de redressement.

Le stand Opel du Salon de l’automobile de Genève.

Le stand Opel du Salon de l’automobile de Genève. / Arnd Wiegmann/Reuters

Après dix-neuf années à cumuler des pertes abyssales, la marque automobile allemande Opel, acquise cet été par le groupe français PSA, va tenter de rebondir sans fermer d’usines mais en s’imposant des réductions de coûts difficiles. « Nous avons besoin de changer, et nous allons changer ! », a lancé hier Michael Lohscheller, le patron d’Opel et de sa marque sœur en Grande-Bretagne Vauxhall, en détaillant à Rüsselsheim, dans la Hesse, la nouvelle feuille de route de l’entreprise.

Opel qui a encore perdu 450 millions d’euros sur les six premiers mois de 2017, ambitionne de redevenir profitable avant 2020. Pour y arriver, l’entreprise va simplifier sa gamme, compacter ses usines, en recherchant des économies partout. Cela inclut aussi des efforts sur les salaires, qui seront discutés avec les syndicats. Afin de donner l’exemple, le directoire d’Opel a été réduit à six membres contre neuf auparavant. « Un escalier, cela se balaye en partant du haut », a lancé Michael Lohscheller, citant un proverbe allemand.

Opel a l’ambition de réduire le coût de production de chaque voiture de 700 € en moyenne. Sur ce coût, 400 € sont liés à la production, et 300 € viendront des achats. En faisant converger ses technologies avec celles de PSA, le groupe va en effet réaliser des économies d’échelle. Ce montant, c’était exactement celui que s’était imposé PSA dans son propre plan de redressement, lancé en 2014, et qui a été conduit avec succès.

Suivant les mêmes recettes que PSA, Opel va mettre l’accent sur la rentabilité, plus que sur les volumes. La marque avait en effet pris la mauvaise habitude de brader ses véhicules aux loueurs de courtes durées et aux concessionnaires, de façon à faire tourner ses usines. Cela représente aujourd’hui plus de 40 % des ventes…

Ce taux devrait diminuer, même si Michael Lohscheller a martelé que l’objectif reste de ne fermer aucun site de production, ni de recourir à des licenciements contraints. Mais il y aura des plans de départs volontaires et des préretraites.

Pour aller chercher de la croissance, Opel va devenir une marque internationale. Jusqu’ici, Opel et Vauxhall n’étaient présents qu’en Europe. « Opel va se mondialiser, enfin ! », a dit Michael Lohscheller. La marque devrait faire son apparition sur 20 nouveaux marchés d’ici à 2022 et vise à réaliser 10 % de ses ventes hors d’Europe à cette échéance.

Opel va ainsi partir à la conquête des marchés turc, argentin, chinois et brésilien. Elle va aussi faire revenir en Europe la production de près de 200 000 véhicules Opel aujourd’hui fabriqués en Corée pour être vendus sur le marché européen. Cette production se faisait chez Daewoo, une des marques de General Motors. Mais alors que les usines européennes d’Opel sont sous-utilisées, cette délocalisation apparaît aujourd’hui comme une aberration. Opel a désormais vocation à être la marque allemande de PSA, venant compléter l’offre aux côtés des marques françaises Peugeot, Citroën et DS. C’est pourquoi tous les nouveaux modèles Opel vont continuer à être conçu à Rüsselsheim, le siège historique d’Opel. Ici se trouve la plus grosse usine européenne de la marque en même temps que le centre de recherche et développement qui emploie plus de 7 000 ingénieurs. Le groupe français laisse les commandes aux équipes basées en Allemagne. « Auparavant, le groupe était centré sur Detroit, le siège de General Motors. Aujourd’hui, je dis aux salariés d’Opel : “Vous êtes libres ! Exprimez-vous en tant qu’équipes allemandes” » pour concevoir les futures voitures Opel, a dit Carlos Tavares, le PDG du groupe PSA, qui assistait à la présentation du plan, à Rüsselsheim.

Mais le groupe français aura tout de même une exigence, celui d’un rapide retour à la profitabilité. « La seule chose qui protège les salariés d’Opel, c’est leur performance », a averti Carlos Tavares. Il a rappelé quelques chiffres qui font mal. Sur les quinze dernières années, Opel a supprimé plus de 30 000 emplois et perdu trois points de parts de marché en Europe.

« Il faut comprendre qu’il y a urgence », a souligné Carlos Tavares. Il a exhorté la nouvelle direction à ne pas avoir peur de prendre des décisions difficiles et qui seront « impopulaires », car « les salariés attendent de nous que nous trouvions des solutions pérennes pour cette entreprise ».

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