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26 octobre 2017 4 26 /10 /octobre /2017 05:59

 

À quelques semaines du lancement commercial de la DS7 Crossback, PSA a fait visiter à la presse, hier, la toute nouvelle ligne de montage de son site industriel mulhousien, un site présenté comme emblème de l’« usine excellente » que le groupe entend généraliser d’ici 2020, pour atteindre le meilleur niveau mondial en termes de qualité.

 
Les pièces nécessaires aux opérateurs de la chaîne de montage leur sont apportées automatiquement par des véhicules à guidage automatique, préalablement approvisionnés en « zone de kitting ». Photo  L’Alsace
La nouvelle chaîne de montage baigne dans une lumière blanche produite par des centaines de leds.  Photo  L’Alsace

Les pièces nécessaires aux opérateurs de la chaîne de montage leur sont apportées automatiquement par des véhicules à guidage automatique, préalablement approvisionnés en « zone de kitting ». Photo L’Alsace

 

La lumière : voilà ce qui frappe en premier lorsque l’on découvre la nouvelle ligne de montage du site industriel de PSA Mulhouse, dédiée à la production de la Peugeot 2008 et de la DS7 Crossback. Une lumière blanche, sans être crue, issue de centaines leds. Ce n’est qu’ensuite, lentement, qu’on prend conscience des nombreux autres changements intervenus tout au long de la chaîne de production, de l’emboutissage au montage.

Oubliés, les incessants allers-retours des opérateurs, entre la chaîne de montage et les amas de pièces charriés en bord de ligne par un balai de caristes. Exit , le grincement des convoyeurs à chaînes, chargés d’amener les carrosseries en provenance de l’atelier peinture… Par souci d’ergonomie – et donc d’efficacité –, les voitures en cours de montage avancent désormais sur des « skillett » de hauteur variable. Les opérateurs n’ont plus qu’à piocher dans le kit de pièces installé à portée de main – un ensemble spécifiquement préparé en amont dans la « zone de kitting » ad hoc , pour un véhicule et un seul, puis apporté à bon port par l’un des 340 véhicules à guidage automatique (en anglais Automatic guided vehicles ou AGV), qui sillonnent les lieux sans émettre le moindre bruit.

Au besoin, cette ligne sera demain capable d’intégrer les productions simultanées de six « silhouettes » différentes (comprendre, six modèles de voiture). Conséquence pratique : en fonction du succès commercial de tel ou tel modèle, il sera plus aisé de faire « respirer » la ligne et d’adapter les volumes de production.

« Que notre appareil industriel soit au meilleur niveau mondial »

Forcément, la ligne de montage voisine, encore dévolue aux Citroën C4 et autres DS4, prend par comparaison un brusque coup de vieux… Mais elle est de toute façon en fin de vie, poursuite du « compactage » du site et prochain basculement en production monoflux obligent. « Le site fait 320 hectares , rappelle à ce propos la directrice du site Corinne Spilos, mais on a déjà fait le tiers du chemin en matière de compactage… Et de nouveaux fournisseurs sont intéressés par l’idée de récupérer de nouvelles surfaces libérées, comme l’a déjà fait Gefco Industrial Services (GIS). »

Ce mardi après-midi, Mme Spilos et ses collaborateurs les plus proches font les honneurs des lieux à un large échantillon de médias européens. Spécialement venu de Paris, Yves Vincent, directeur industriel et « supply chain » du groupe, est là aussi. C’est que l’enjeu est d’importance : fort de sa mue industrielle (bien entamée, mais encore inachevée), le site mulhousien ne préfigure rien moins que l’« usine excellente » telle que la conçoit le groupe PSA à l’horizon des trois prochaines années. « Ce que vous voyez aujourd’hui est un bon exemple des efforts engagés par le groupe pour accroître l’efficience de l’ensemble de ses usines , insiste Yves Vincent. Notre ambition, c’est que notre appareil industriel soit au meilleur niveau mondial – car c’est l’efficience de nos usines et le succès commercial de nos modèles qui permettront l’emploi local… »

Un chiffre résume presque à lui seul le résultat des efforts engagés : le coût de production moyen a diminué de 476 € par véhicule entre début 2015 et fin 2016. But final : atteindre les 700 € de baisse sur l’ensemble de la période 2015-2018. Le mot « frugalité » revient d’ailleurs souvent dans les échanges : si quelque 400 millions d’euros d’investissements ont certes été budgétés sur le site pour la période 2015-2020, le « fait-maison » demeure encouragé aussi souvent que possible… Et plusieurs des robots nou-vellement installés au ferrage sont d’ailleurs des modèles reconditionnés en provenance d’autres usines du groupe. Mais le véritable leitmotiv de Corinne Spilos et d’Yves Vincent tient cependant en deux autres mots-clés : « premium » et « qualité ».

« Mulhouse a gagné en agilité et en performance »

De fait, à quelques semaines du lancement commercial de la DS7, PSA se sait attendu au tournant… D’où quelques investissements très concrets : de nouveaux dispositifs de mesures de pièces sans contact, par exemple, ou encore l’introduction d’une technologie encore inusitée chez les constructeurs généralistes : au stade du ferrage, l’ensemble de la caisse de la DS7 bénéficie d’une « colle de structure » en plus des habituels points de soudure. Bénéfices induits : une rigidité accrue, des vibrations amoindries et une meilleure tenue de cap. Bref, comme le résume Corinne Spilos, « Mulhouse a d’ores et déjà gagné en agilité et en performance, tout en développant une ambition de qualité dont la DS7 est la toute première expression ». Reste encore à en faire un succès.

 

 

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